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Nous les Juifs avons toujours adoré unir les choses pour créer les meilleurs agencements.

Qu’il s’agisse d’établir des liens d’affaires ou de planifier des mariages, nous avons toujours su reconnaître les choses qui s’agencent bien – celles qui font de bons mélanges –, mais aussi, celles qui ne vont pas ensemble.  

Que l’on parle du domaine spirituel ou du domaine physique, le judaïsme attribue constamment des règles et des significations aux choses que l’on peut unir ou agencer. On peut penser à la viande et au lait, au bouillon de poulet et aux boulettes de matsa, au ‘hamets et à la matsa — séparées ou combinées, ces choses sont différentes. Cela fait partie de qui nous sommes, de qui nous serons toujours. Mais il y a aussi beaucoup de règles qui se rattachent à cette vérité.

Nous savons bien que même si l’on utilise que des ingrédients kachers, le produit final s’il contenait un mélange de viande et de lait ne serait pas kacher. Pourquoi? Nous ne connaissons pas la raison de ce commandement qui nous est donné dans la Torah, on nous dit tout simplement que cela fait partie des lois de la catégorie c’hok : des lois pour lesquelles la Torah ne nous donne aucune explication.

Chatnez fait aussi partie de cette catégorie. Il s’agit aussi de l’interdiction de mélanger deux éléments — mais ceux-ci ne sont pas comestibles —, ce sont plutôt des fibres : on parle de la laine d’agneau, ou de mouton, qu’il ne faut pas mélanger avec le lin. Le mot chatnez est le résultat de l’union de trois mots hébreux qui décrivent différents stades du traitement des fibres de laine et de lin. 

S’agit-il d’un problème important pour le consommateur kacher? Y a-t-il, de nos jours, beaucoup de vêtements qui sont fabriqués à partir d’une telle combinaison de fibres? Comment peut-on reconnaître les vêtements qu’il ne faut pas se procurer?

Le métier de tailleur est un art; pour plusieurs fabricants et experts en haute couture, une toile fine, préférablement faite de lin, est le meilleur moyen d’assurer qu’un complet de qualité conserve sa forme tout le long du col et du revers. C’est un exemple qui démontre comment cette combinaison laine et lin peut se rencontrer dans les vêtements; dans un tel cas, pour se conformer à la loi, il suffit de remplacer l’entoilage par un substitut qui ne contient pas de lin. On peut rencontrer la chatnez sous plusieurs autres formes plus insidieuses puisque parfois le tissu dont le vêtement lui-même est fabriqué peut en être composé. On peut aussi rencontrer des vêtements de laine cousus de fil de lin.

Tout comme lorsqu’il s’agit de kacheroute, lire l’étiquette d’un vêtement peut ne pas entièrement révéler ce que le tissu renferme. Les fabricants de vêtements — particulièrement ceux de l’étranger — ont souvent prouvé être coupables d’apposer des étiquettes erronées sur le vêtement. Il est donc possible que l’étiquette n’indique aucun signe de fibre de laine ou de lin, mais que ces fibres se trouvent tout de même dans le tissu. Aucune loi ne force les fabricants à indiquer de façon précise le contenu en fibres des tissus. Par exemple, le gouvernement américain permet tout à fait aux fabricants d’apposer une étiquette indiquant 100 % laine, même si en fait 2 % du tissu est en fait une autre sorte de fibre – qui pourrait être du lin. Les fibres retransformées — rencontrées beaucoup plus fréquemment de nos jours qu’il y a une dizaine d’années —, si encore elles sont indiquées, sont parfois appelées « autres fibres » ou AF, sans que le fabricant ne soit obligé de préciser. Souvent, de telles fibres sont en effet chatnez. 

Les fibres retransformées sont fréquemment utilisées de nos jours, et cela représente une difficulté croissante, puisque si chatnez constitue les fibres dont le vêtement lui-même est fabriqué — plutôt que d’être la composante d’un morceau ou d’un élément décoratif ajouté au vêtement, comme un entoilage, ou un emblème —, il est impossible de l’enlever. Tous les manteaux et vestes pour hommes et pour femmes sont suspects.

Montréal est bien reconnue pour son industrie du vêtement. Et les entreprises juives sont parmi les meilleures. Malheureusement, on ne peut présumer, parce qu’un vêtement a été fabriqué par une entreprise dont les propriétaires sont Juifs, qu’il ne contient pas de chatnez. Les fabricants montréalais n’ont institué aucune politique pour garantir que les vêtements qu’ils produisent ne contiennent aucune chatnez. Il faut donc faire inspecter tous les vêtements par un expert sur la chatnez. 

Dans une industrie en perpétuel mouvement, l’identification de mélanges contenant des fibres de laine et de lin tient d’une compétence spécialisée et requiert des connaissances techniques approfondies. Il en va de même pour la retouche, si possible, de tels vêtements. À Montréal, vous pouvez contacter le Montreal Shatnez Laboratory (Rabbin S. Geldzahler) au 514 274-7013; ou le Montreal Shatnez Lab (Rabbin M. Harrosch) au 514 992-7808. Pour trouver un expert dans toute autre ville en Amérique du Nord, ou pour en connaître plus sur les types de vêtements qui doivent être inspectés, vous pouvez contacter le National Committee of Shatnez Testers au 800-SHATNES (800-742-8637).

Alors, la prochaine fois que vous songez à acquérir un nouveau complet, ou un nouvel ensemble, assurez-vous que ce soit bien agencé. Mazal Tov!


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